Pendant longtemps, nous avons, comme beaucoup d’autres acteurs du VC «early-stage», écarté presque systématiquement les projets DeepTech. Pas par dogmatisme, mais parce que nous pensions (raisonnablement) que ce n’était pas pour « nous ».
Dans l’écosystème VC européen, la DeepTech reste souvent perçue comme un territoire réservé aux très gros fonds (>100 M€) et/ou spécialisés et éventuellement dotés d’un capital plus « patient » ou qui doit nécessairement être adossé à du financement public.
Cette perception repose sur un certain nombre d’idées reçues, qui freinent probablement l’appétit des investisseurs early stage de façon générale et en particulier des « petits » (< 50M€) fonds VC pour ce type de projet :
- « La timeline d’exit est bien trop longue » avec l’idée que le DeepTech mettrait mécaniquement 2x plus de temps qu’un SaaS à maturer.
- « Il faut investir beaucoup trop de capital pour espérer voir des revenus » avec des besoins en CapEx importants dès le début, difficilement compatibles avec des tickets moyens relativement petits des « petits » fonds.
- « Le risque est plus élevé que dans le software » car la techno est novatrice et souvent plus complexe, la validation longue, les marchés intrinsèquement incertains.
- « Les rendements ne sont pas à la hauteur du risque » car l’IRR serait au mieux identique, sinon inférieur, à celui d’un investissement tech classique.
Pourtant, en analysant objectivement les données récentes[1], force est de constater que ces croyances ne sont pas et/ou de moins en moins fondées.

